Texte inspiré par Nout, Déesse de la nuit et du ciel

Si la nuit se voile de mystère, ce n’est pas parce que la lumière s’affaiblit, c’est qu’au contraire se révèle ce qui est caché. Les yeux se ferment et enfin, ils peuvent voir. C’est dans le silence et l’apaisement, c’est quand l’agitation fait place au calme que s’offrent les messages de l’âme et des guides. Être à l’écoute du sommeil, c’est comme s’offrir le luxe d’une double vie : la vie de nos journées chargées, c’est à dire la vie « extérieure », et la vie « intérieure » où le silence et le calme se colore de nos secrets les plus profonds. La clairvoyance prend son envol dans le berceau du repos. Le regard juste et sage se déploie dans chaque pas faits vers les profondeurs de la conscience. Le chemin vers la conscience du sommeil comme pour la veille offre ses règles, ses défis et ses cadeaux, à chacun de suivre le chemin à la rencontre vers soi sous le regard bienveillant de la nuit qui fait de nous ses petits enfants engloutis dans le sombre de son ventre. En sommeil comme en gestation, elle nous rend au jour au petit matin pour réapprendre à marcher et à jouer dans ce monde de lumière et d’apparence.
Alors chaque passage entre ses bras, nous rend plus fort, chaque nuit bercée par son chant nous rend plus attentif, chaque nuit sous son regard étoilé nous rend plus présent à nous-même et aux autres.

Awenn, inspirée par Nout, Déesse de la nuit et du ciel, novembre 2019



Texte inspiré par Isis, la magicienne

Dans ce monde éblouissant de sollicitations, comment ne pas se perdre ? Entre les flatteries et les peurs, comment y voir clair ?
Il n’y a pas de bonne clairvoyance sans conscience. De quoi parle-t-on quand on cherche la « clairvoyance » ? Connaître l’avenir, se prémunir de la douleur, de la souffrance, va-t-il me quitter, vais-je gagner beaucoup d’argent ? A toutes ces questions le souffle de la conscience se pose et répond avec sagesse : que dois-je réellement savoir ? Ai-je le courage d’avoir les yeux réellement ouvert ? 
Et si ma question cache une peur, et si ma question cache une dépendance affective, un manque profond dans mon cœur? Est-ce que je préfère nourrir la peur, la blessure ou le manque en obtenant des réponses pour me rassurer ? Est-ce que je préfère dormir sur ces ombres en moi, ou aurais-je le courage de regarder dans le sombre de mon âme avec tout mon amour et mon accueil pour guérir ce qui fait mal, à mon rythme, avec douceur ? 
Apprendre à voir passe par l’apprentissage de fermer les yeux du jour, ces yeux éblouis par l’extérieur, pour ouvrir les yeux félins de la nuit. Dans cette méditation lucide, comme un animal nyctalope, je m’ouvre au monde tel qu’il est. Au rythme des profondeurs marines, je peux alors nager dans ce qui m’entoure avec un nouveau regard. Parce que je ne réagis plus aux sirènes du monde, je les observe, et en conscience, je fais mes choix. Le monde n’est plus là pour me renvoyer dans la violence le miroir de mes ombres. Le monde conspire à me permettre de les voir, et, si j’accepte enfin de les voir, je danse avec le monde qui sourit avec bienveillance à mes blessures, à mes failles ou à mes manques. Il devient allié de ma guérison, générateur d’occasions et de synchronicités. 
Pas après pas, je m’ouvre à la magie de la vie. Même si parfois j’ai mal, je comprends ma douleur, je l’accompagne, et je mets à disposition les moyens de ma guérison. Je ne cours plus comme une assoiffée après Amour, Gloire et Beauté car je ressens l’amour en moi, je vis la Gloire du Divin, ou de mon être essentiel, et la Beauté m’entoure car je sais et j’apprends à la voir. La Beauté devient alors ce qui transpire de cette conscience qui fait scintiller le monde, non pas d’une lumière qui m’aveugle, mais d’une lueur qui vient du plus profond de mon cœur et qui elle, illumine le monde. Alors, je deviens clairvoyante.

Awenn, inspirée par Isis, la magicienne, octobre 2019